Didier Mathieu

Entretien réalisé à l’hiver 2022

Le Centre Des Livres d’Artistes (cdla), est un lieu assez unique en France, il regroupe l’une des plus importante collection publique d’éditions d’artistes. Pourrais-tu revenir sur son histoire et sa création ? Comment le cdla voit-il le jour ? 

C’est assez simple. L’association « Pays-Paysage » alors présidée par le peintre Henri Cueco organise en 1987 une première « Biennale du livre d’artiste » à Uzerche en Corrèze. Dix éditions seront programmées jusqu’en 2006. J’avais réalisé la scénographie de la première exposition de 1987. (Je me souviens de nos pérégrination à Paris avec Jean-Michel Ponty pour collecter les publications qui seraient montrées ; il faut le dire, nous étions somme toute novices, avides de découvertes. Je me rappelle précisément de notre rendez-vous avec Liliane et Michel Durand-Dessert, de leur courtoisie et de leur amabilité.) 

En 1994 l’association Pays-Paysage quitte Uzerche et s’installe à Saint-Yrieix-la-Perche avec le projet de développer et péréniser ses activités dans un bâtiment qui doit être rénové. Dans sa forme actuelle après moult péripéties (entre autres, le fait que le bâtiment rénové est resté inoccupé durant une année), le cdla existe depuis 2005. L’exposition inaugurale du lieu était consacrée aux publications de herman de vries. À cette occasion nous avons fait paraître le catalogue raisonné de ses livres et autres publications. 

Mon arrivée au poste de directeur est en fait basée sur un malentendu. Henri Cueco m’avait parlé d’une collection de « livres d’artistes », cela me convenait, mais sans doute les membres de l’association ne mettaient-ils pas sous ce vocable le même genre de publications que moi… En fait, j’ai trouvé non une collection mais plutôt un fonds de livres assez disparate comme il en existe, me semble-t-il, en France, dans me semble-t-il, en France, dans de nombreuse bibliothèques municipales ou départementales. Majoritairement des livres dits de bibliophilie, livres de peintre ou livres illustrés. 

S’agissant de la collection, les premiers achats datent de 1987 (quatre entrées au cahier d’inventaire) et jusqu’en 1992, les acquisitions (achats et dons) se sont faites au rythme des biennales et des expositions. La collection compte actuellement 7226 numéros au cahier d’inventaire, soit environ 9000 pièces. 

De part mon histoire personnelle (j’ai été éditeur non de livres d’artistes – sauf en travaillant avec Roberto Martinez à une collection titrée  « RDM10+ » – mais plutôt de livres de « bibliophilie cheap » comme aimait dire Rik Gadella), j’ai fréquenté, cotoyé ou croisé quelques éditeurs de « livres d’artiste » durant les foires et salons notamment ceux organisés par Rik Gadella à Paris, New York, Cologne ou par Marcus Campbell à Londres au milieu des années 1990. J’ai découvert alors les publications de Coracle Press, Book Works, Weproductions, Alec Finlay, Imschoot et bien d’autres. J’avais ainsi une connaissance « intime » de ce milieu et, par affinité, précisément du milieu britannique du livre d’artiste. 

« Logiquement » j’ai très vite fait entrer dans la collection les publications de Simon Cutts et Erica Van Horn, de Colin Sackett, de Telfer Stokes et Helen Douglas, de Moschatel Press… À ces publications se sont ajoutées celles de Hans Waanders et Bernard Villers, deux artistes que je connaissais grâce à Johan Deumens, marchand et galeriste néerlandais (déjà en 1997 j’avais écrit un article sur Bernard Villers dans JAB – The Journal of Artists’ Books n° 8). J’ai pu également acquérir certaines des éditions de Guy Schraenen et les premiers Edward Ruscha dont les prix étaient encore très abordables. 

D’autre part, j’ai adhéré au désir de l’association de constituer une collection suivant deux thématiques : enfance et paysage. Elles me permettaient, dans un premier temps, de constituer des ensembles significatifs des livres de Richard Long ou Hamish Fulton par exemple. S’agissant d’« enfance » j’ai mis quelques années à mettre la main sur le beau livre de Henrik Gajewski Eliza Gajewski. (Je ne suis pas un fétichiste de la signature, de la dédicace ou de l’envoi, mais l’exemplaire que nous avons en collection est dédicacé à Ulises Carrión.) Même si, les années passant, ces thématiques se sont un peu effacées, je reste attentif à ce qu’elles irriguent encore la collection. 

Didier, tu es le directeur du cdla depuis plus de vingt ans maintenant, et tu as travaillé avec l’association Pays-Paysage qui est derrière ce lieu, depuis la fin des années 1980, comment s’est construite la collection du cdla ? Et qu’est-ce que l’on y retrouve ? 

Sans que je m’en rende compte à l’époque, la rencontre avec herman de vries en 2003 a été décisive pour l’histoire de la collection du cdla et, pour partie, pour son orientation. Pas facile de dire en quelques phrases cette rencontre et ses conséquences. En 2003 donc, commençant à travailler à l’exposition consacrée aux publications de herman de vries et à la rédaction d’un catalogue raisonné, je me trouve face à une œuvre considérable, à la fois éclatée (dans de nombreuses revues) et condensée (dans ses propres livres, nombreux, publiés par d’autres que lui) et « condensée-éclatée » dans son eschenau summer press & temporary travelling press publications ou dans les revues dont il a été l’éditeur (PTL avec Dirk van Krevelen, 1962-63, nul = 0, 4 numéros, 1961-1964; revue integration, 9 numéros dont 5 doubles,1964-1976.) Je tiens cette dernière comme exemplaire des revues d’artistes. herman de vries y publie, de façon non autoritaire et non dogmatique, bien sûr Christian Megert, Lucio Fontana, Jan J. Schoonhoven, Bernard Aubertin, Manzoni, Ad Dekkers… ; les artistes de la poésie concrète : Hansjörg Mayer, Paul de Vree, Dom Sylvester Houedard, CarloBelloli, Herman Damen… ; mais aussi, Henri Chopin, Dieter Roth, Yona Friedman, Ligeti, Peter Iden, Ad Reinhard,Tim Ulrichs, Arthur Pétronio, Maurizio Nannucci, Marinus Boezem, Michel Seuphor, Markus Raetz…). 

Commençant à réunir le plus possible de publications de herman de vries, j’ai fait entrer en collection quelques numéros isolés de revues auxquelles il avait participé, entre autres : tafelronde, vers-univers, futura, Ah – revue pour le verbo-plasticisme, Egoist, Reaktion, subvers… La découverte de ce foisonnant réseau créé par les artistes eux-mêmes, m’a conduit à collectionner les publications en séries produites 

par – ou auxquelles ont participé – les artistes dont nous avions les livres, les unes et les autres se révélant plus que complémentaires : une sorte d’expansion et non d’extension. Au fur et à mesure, des séries complètes ont été réunies. Dès lors la collection commence à se développer à la manière d’un rhizome : telle ou telle publication en appelle une autre et une autre et une autre.

La rencontre avec herman de vries m’a également permis de comprendre l’influence de la « poésie concrète » – il participe lui-même à diverses revues de ce mouvement – sur de nombreux artistes. Son influence mais aussi les rapports, parfois ambigus, des artistes avec ce mouvement (Paul-Armand Gette, dans un entretien que j’ai réalisé dit que la poésie concrète ne l’intéressait pas trop mais que par contre quelques poètes concrets s’intéressaient à ce qu’il faisait.) 

La collection comprend aujourd’hui un fonds conséquent consacré à ce mouvement artistique. Publications de John Furnival, Dom Sylvester Houédard, Bob Cobbing, Jiri Valoch, Ferdinand Kriwet, Jonathan Williams, Franz Mon… mais aussi des revues dont Poor Old Tired Horse éditée par Ian Hamilton Finlay et Rot éditée par Max Bense ; les catalogues des principales expositions Between Poetry and Painting (1965 à Londres à l’Institut pour les arts contemporains) et The arts in Fusion (1966 à laTyler School of Art of Temple University de Philadelphie) ainsi que les quatre anthologies qui font date, celles de Stephen Bann, Emmett Williams, Mary Ellen Solt et Maurizio Nannucci. 

herman de vries nous a fait don, en 2009, de ses exemplaires de cinq portfolios édités à peu d’exemplaires par Hansjörg Mayer en 1965-67 (Concrete Poetry Britain Canada United States, Konkrete poesie international, Sigfrid Cremer, Hansjörg Mayer,Wolfgang Schmidt). Coïncidence : John Furnival passe les mois d’été à une heure de route de Saint-Yrieix.

En prolongement de cette partie de la collection j’ai réuni un ensemble de publications qui témoignent de l’intérêt porté, par quelques figures de la poésie concrète (et par George Maciunas, mais c’est une autre histoire !), au travail de Raoul Hausmann – bien sûr pas seulement du fait de la proximité du Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart qui héberge un fonds important d’œuvres de Hausmann, à cinquante minutes de route de Saint-Yrieix. 

Hausmann est pour le moins contre cette forme de poésie, cependant, il accepte de contribuer à diverses revues de poésie concrète ou visuelle : Rhinozeros (éditée en Allemagne par les frères Dienst), Stereo Headphones, (Nicholas Zurbrugg à Londres), De Tafelronde (publiée par Paul de Vree, à Anvers, qui le rencontre à Limoges à la fin des années 1960). Pierre Garnier publie son texte Les mutations des Langues dans sa revue Les lettres. Dans le numéro 4 de la revue Form, éditée par Philip Steadman, Mike Weaver et Stephen Bann, est publié Manifesto on the Lawfulness of Sound traduction en Anglais du texte Manifest von der Gesetzmässigkeit des Lautes paru en 1923 dans le numéro 4 de la revue Mecano. En 1959, Daniel Spoerri le sollicite pour un numéro de sa revue material (numéro sous forme d’affiche de grand format : 2 m x 2 m. cf. un courrier de Daniel Spoerri à Raoul Hausmann. Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart, fonds Raoul Hausmann. Le projet ne verra pas le jour sous cette forme. En 1982, material 2 sera édité par verlag zweitschrift, d’après une maquette de Raoul Hausmann datée du 23 février 1959). En 1961, le numéro 21 de la revue Affiche, éditée à Stuttgart par Klaus Burkhardt titré « für Raoul Hausmann in Limoges anläßlich seines 75. Geburtstages im Juli ‘61 » lui est entièrement consacré (chose étrange cette revue est une revue-affiche quasiment du même format que la revue futura éditée par Hansjörg Mayer – à Stuttgart – quelques années plus tard…).

Et bien sûr, il y a ce lien avec Henri Chopin qui rencontre Hausmann à Limoges et donne à entendre dans le numéro 26 / 27 de sa revue OU le seul témoignage de Hausmann lisant ses poèmes (seul témoignage ? pas sûr, il paraît qu’il existe des enregistrements antérieurs à ceux de Chopin…) Henri Chopin publie également de Hausmann en 1970 Sensorialité excentrique 1968.69

À partir de 2014, la collection change avec la création d’un fonds Claude Rutault. Plus près dans le temps, la collection s’est enrichie, suite à la rencontre avec cette artiste magnifique en 2013, d’un ensemble assez rare en France de publications de Carolee Schneemann (81 numéros au cahier d’inventaire). On compte aussi une belle sélection de publications d’Allan Kaprow et de publications de Dick Higgins pour sa Something Else Press. Il faut souligner la générosité des artistes qui ont beaucoup donné au cdla et je les remercie de leur attachement à ce lieu. 

Le fonds est très vaste et riche de publications historiques, je pense notamment ici aux publications Fluxus, de la poésie concrète, de l’art conceptuel, etc. Quel regard portes-tu sur les pratiques éditoriales contemporaines ? Faire un état des lieux des pratiques contemporaines fait-il également parti des missions du cdla ? 

Il y a parfois de merveilleux hasards qui entrent en ligne de compte dans la constitution d’une collection. En 2009, lorsque nous avons présenté l’exposition Ghérasim Luca (qui avait été vue au musée de l’abbaye Sainte-Croix aux  Sables-d’Olonne et qui a été montrée ensuite au cipm de Marseille), j’ai rencontré sa compagne Micheline Catti. J’avais vu, quelques temps avant, que le nom de Luca apparaissait dans le catalogue Fluxshoe (1972), c’était très étonnant, je lui avais donc demandé quels rapports il entretenait avec le mouvement Fluxus. Ghérasim Luca était, au début des années 1960, très proche d’artistes tels Wolf Vostell, Daniel Spoerri, Robert Filliou ou Emmett Williams. Il était également en relations avec George Maciunas. Singulièrement aucune de ses biographies ne mentionne cela. Au bout de quelques rencontres Micheline Catti m’a montré deux cartons dans lesquels étaient conservés les documents relatifs à cette période de la vie de Luca, puis m’a proposé de me les céder. 

La collection s’est donc enrichie d’un très remarquable fonds « Fluxus » qui comprend les tout premiers imprimés diffusés par Maciunas, les Something Else Newscards et les The Something Else Newsletters, les premières publications de Dick Higgins, methods & processes de Benjamin Patterson, The Monthly Review of the University for Avant-garde Hinduism de Nam June Paik, la première édition de BEN DIEU – ART TOTAL – SA REVUE, des affiches, des catalogues… En tout une centaine de documents. 

Il est essentiel de mettre en résonnance des œuvres dites historiques et la création d’aujourd’hui. Tisser une histoire de la publication d’artiste (même fragmentaire, partielle et il faut le dire subjective). Je crois pouvoir dire que la création actuelle m’intéresse sans doute plus, que celle de la génération précédente (j’ai loupé des choses et c’est une épine dans le pied !). 

Outre le fonds exceptionnel du cdla, j’aurais eu à cœur que l’on parle du site internet de celui-ci. C’est une mine d’or pour toute personne cherchant des informations techniques sur le livre d’artiste. En effet, l’intégralité de la collection y est recensée et chaque publication qui intègre la collection est étudiée et fait l’objet d’un descriptif très précis. Le site internet du cdla est un véritable outil de travail. Quelle était la volonté derrière cet objet ? Et aussi, quelle est la place laissée à la recherche au sein du cdla ? 

Merci de faire référence à ce site, projet qui nous tient à cœur et auquel nous consacrons pas mal de temps. En juin 2012, invité par Emmanuelle Waeckerlé à présenter les activités du cdla lors du colloque « BOOK LIVE » à la London South Bank University, j’avais basé une partie de celle-ci sur l’idée du « on site » (à Saint-Yrieix-la-Perche) vs le « on website » (partout ailleurs). Ainsi, le site du cdla peut-être considéré comme un lieu hors les murs. Vu notre éloignement géographique, en plein milieu de la France, à quasiment quatre heures de train de Paris (dans un pays encore centralisé malgré la régionalisation), il nous fallait trouver une deuxième façon, d’exister, complémentaire, le site web n’ayant bien entendu de « légitimité » qu’adossé à ce qui se passe au cdla. 

Ce site est envisagé comme un lieu de diffusion de l’information (notices de la collection, newscards, entretiens en vidéo, textes, petite histoire du cdla au jour le jour, « choses vues » ici ou là…) mais aussi de création (voir le travail spécifique de Veit Stratmann mis en ligne à sa demande – Description 3 – Travail et formation professionnelle en détention qui constitue le prolongement des travaux texte / image initiés par Une Vidéo d’Entreprise de 2013 et The Order of the Minorange – A Report, commandé par la Slought Foundation à Philadelphie en 2015. Voir aussi le projet Walking in Air proposé par Emmanuelle Waeckerlé mais abandonné pour cause de pandémie et qui a trouvé ultérieurement une nouvelle forme « on website »). 

Ce site est aussi considéré comme une sorte de mémoire des activités du cdla depuis vingt-trois ans.Voir le remarquable travail que réalise Jean-Marc Berguel en mettant en ligne cartons d’invitation, brochures, tout document lié aux expositions, ateliers, conférences, ainsi qu’une iconographie mémoire des vernissages, ateliers, lectures, résidences. 

Le cdla, en plus d’être une collection est également un espace de consultation et d’exposition. Cela a-t-il toujours été le cas ? 

S’agissant des expositions oui. Et depuis janvier 2018, un lieu d’exposition permanent hors les murs existe, grâce à un partenariat, au sein de l’École nationale supérieure d’art – ENSA de Limoges. Nommé « Premier rang », ce dispositif d’exposition composé de huit vitrines, qui rappellent les boîtes de bouquinistes des quais de Seine à Paris, est installé dans l’amphithéâtre de l’école – au premier rang. Concernant la consultation de la collection il a fallu attendre l’ouverture au public des bâtiments du 1 place Attane en 2005. Depuis quelques années les workshops d’une semaine, principalement avec des écoles d’art françaises se multiplient, une autre façon d’exploiter la collection. Autre manière de mettre en avant cette collection, l’accueil en résidence d’artistes et chercheur·euse·s depuis 2017. 

Il y a quelque chose de complexe dans l’exposition du livre d’artiste, car ce sont, à la fois des objets fragiles et légers (qui peuvent se dégrader facilement mais aussi se faire voler), mais en même temps, ils restent des objets pensés pour leur physicalité et donc, leur manipulation. Comment abordes-tu ces questions au sein des expositions que tu proposes au cdla ? 

Nous avons en collection un certain nombre de livres absolument inmontrables pour la raison que tu évoques : ils sont à lire et donc à tenir en mains-. Peter Downsbrough n’aime pas voir ses livres, et ils sont nombreux, dans des vitrines. Mais la collection est accessible sur rendez-vous à toute personne qui souhaite la consulter. Les publications sont alors « à l’air libre ». 

À certaines des questions ici posées, les réponses de Didier Mathieu, revues et complétées, empruntent à un autre entretien conduit par Jérôme Dupeyrat en 2014. Cet entretien est paru dans Une livre, Editions P, 2014. 

Entretiens avec Marc Camille Chaimowicz, artiste, Didier Mathieu, directeur du Centre des livres d’artistes, et Jérôme Saint-Loubert Bié, designer graphique. Contributions visuelles des étudiant·e·s de l’isdaT : Paul Bardet, Marjolaine Bergonnier, Sophie Didier, Léa Ellinckhuysen, Lucille Galindo, Lisa Hoffmann, Rebecca Konforti, Théo Lacroix, Farah Lâoud, Anouk Lejczyk, Sophie Liados, Jeanne Macaigne, Liza Maignan, Yannick Meric, Manifa N’Diaye, Zelda Pressigout, Manon Raupp, Benoit Sanfourche, Silvana Spoltore. Publication coordonnée par Laurence Cathala, David Coste, Sébastien Dégeilh, Jérôme Dupeyrat et Olivier Huz, enseignant·e·s en art, en design graphique et en histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Arts et du Design de Toulouse. isbn 978-2-917768-44-0